Pained Soul | Un cœur de pierre

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Age : 21
Messages : 410
Bits : 5000
DC : Night Fang
Âge du personnage : 26 ans
Licorne

Votre personnage
Rang & Métier: Civil | Sans Métier
Réputation:
Lieu de Résidence: Everfree Forest
Jeu 23 Fév - 19:51

Pained Soul

26 ans / Convallaria Majalis / Licorne

Physique

Pained Soul est une licorne de grande taille au physique plutôt banal. Un corps élancé propre à son espèce et une musculature moins imposante que celles des terrestres mais suffisamment pour porter de lourdes charges, l'étalon à la robe charbonneuse ne sort pas du lot lorsqu'il se retrouve en pleine foule -du moins, si une telle chose devait arriver-. D'une couleur uniforme, seule sa Cutie mark noire d'encre et ses étranges symboles tribaux présent sur son antérieur gauche se détachent de la forme sombre silencieuse. Ce qui ressemble à un tatouage chamanique n'en est pas un contre toute attente, car cette marque n'est autre qu'une tâche de naissance d'après lui. Il semble évident pour beaucoup que cette particularité unique fait parti de lui et après tout, qui aurait pu laisser une telle trace sur un jeune poulain ? Sa crinière d'un gris pâle est lisse et d'une grande douceur, bien qu'il n'en prenne que peu soin. Malgré leur beauté, Pained Soul attache cette tignasse encombrante en queue de cheval sur le côté tandis que quelques tresses sont brodées et dispersées dans ses crins, aussi bien sur sa tête que sur sa croupe. La corne trônant fièrement sur son crâne est droite et particulièrement fine et longue, un trait physique peu commun chez les licornes d'après les connaisseurs.

En résumé, l'apparence de l'étalon est commune et pourtant, les regards se tournent sur son passage et ceux de son village craignent ce qu'il est. Plus que ce tatouage, ce qui suscite la curiosité et l’inquiétude chez ses camarades n'est autre que ses yeux. Deux globes oculaires d'un noir profonds, ses iris d'un gris presque blanc n'ajoutant qu'une touche plus lugubre encore à son regard perçant et acéré. Tel un serpent, ses pupilles semblent se plonger dans ceux de ses interlocuteurs, perçant à jour leurs moindres secrets. Les plus superstitieux détournent les yeux au moindre croisement tandis que les autres ricanent de leurs bêtises sans pour autant ménager le jeune homme au regard indéchiffrable. Car cette marque qu'on attribue à un mauvais présage n'est pas la seule des choses qui poussent les peureux à se méfier du personnage. Nul émotion dans ses yeux noirs et blancs, seulement une expression de glace, sans la moindre chaleur de bonté. Oh non, l'étalon ne semble pas non plus haineux ou agressif ! Seulement... Imperturbable, comme si chaque événement n'avait que peu d'importances face à lui, comme si chaque événement tragique n'avait le moindre effet sur sa personne. Depuis toujours, nul ne se souvient de l'avoir déjà vu pleurer et ses sourires sont si rares et discrets qu'on les pense inconcevables. Ceux qui prétendent avoir déjà pu contempler un changement d'attitude chez lui sont sans aucun doute des menteurs clameront les doyens du village et bien que l'étalon entendra ces mots, de marbre il restera une fois de plus.

Sa voix claire et calme est masculine et rauque. S'il pouvait rire, le son qui sortirait d'entre ses lèvres serait sec et aussi silencieux que le vol d'un colibri. Parfois, un éclair d'intelligence brille dans ses sombres prunelles, mais alors si furtivement, qu'un simple battement de cil permettra de rompre le charme. Sous ses yeux, trois petits ronds bleu sont peint, en souvenir de sa défunte mère adoptive qui aimait le couvrir de dessins lors des fêtes du village -bien qu'il n'eut jamais l'occasion de participer aux festivités-. Portant la plupart du temps des bracelets et un collier parcourut d'élégants symboles des hauts gradés chez les zèbres, il ne sort cependant jamais sans avoir avec lui un bandeau noir pour cacher ses yeux. Lorsqu'il sort de sa demeure pour s'aventurer dans la forêt, Pained Soul porte une cape bleue nuit ainsi que le crâne d'une créature semblable à un oiseau cornu, se servant de cette apparence pour éloigner les bêtes sauvages des environs.
SurnomHeartstone
SexeMasculin
Race des parentsUne licorne et un pégase
SexualitéPas intéressé
MétierSans travail
Lieu de résidenceVillage des Zèbres
Cutie MarkUn arbre dont on voit les racines et dont le feuillage se transforme en envole de corbeaux. Le symbole tout entier est noir.TalentPained Soul a de nombreuses facilité dans la magie ainsi qu'une grande puissance magique. Le domaine qu'il maîtrise le mieux est celui de la magie physique et mentale. Sa facilité à l'apprentissage est souvent perçu comme son véritable talent, ses capacités magique étant relié à ce dernier.

Personnalité

Pained Soul répond à un étrange nom, un nom qui n'aide en rien son acceptation au sein du groupe. Surnommé Heartstone par les jeunes et les adultes de son âge à cause de son manque d'émotion, bien des rumeurs courent sur son compte. Incapable d'éprouver de l'amour, dépourvu de cœur, maudit et apportant le malheur... Cette superstition idiote est en partie justifiée par l'enfermement qu'il fut contraint d'accepter lorsque son père adoptif l'eut recueilli au sein du village. Pourtant, l'étalon n'en veut à aucun membre de cette tribu pour leur crainte. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le jeune homme semble comprendre et accepter sa situation. Alors que les plus médisants s'amusent à effrayer les enfants avec des histoires de sorcier qui kidnappe les poulains, le portrait dépeint par ces derniers de l'étalon charbonneux est très différent de la réalité.

Tout comme son visage inexpressif, son cœur semble l'être tout autant. Aimant particulièrement observer les gens par les fenêtres de l'étage supérieur de sa maisonnette, Pained Soul aime apprendre et comprendre son environnement. Sa grande compréhension en devient parfois lugubre car l'étalon comprend également les agissements des criminels et autres psychopathes en proies à la folie -n'aidant en rien son image à s'améliorer-. Grand adepte du réalisme, l'étalon n'a aucun rêve et ne souhaite pas en avoir. Les rêves sont à son sens, un désir éphémère et pour la plupart irréalisables, n'étant en aucun cas représentatif de la réalité. Ainsi, la licorne est persuadé que tout a un sens, une raison d'exister et que chaque agissement cache un intérêt, qu'il soit justifié ou non. Aimant lire, la magie et les paysages, ces choses qu'il apprécie sont la preuve même qu'il possède un cœur, pourtant... L'étalon lui même doute parfois de cette idée. Car l'affection que les gens ressentent les uns pour les autres lui est quasiment inconnu. Ayant du mal à éprouver des sentiments pour autrui et manquant cruellement d'empathie, il a apprit à compatir la souffrance des autres, mais ne la ressent pourtant pas. Ce jeu qu'il jugeait hypocrite lui sert à bien des choses à présent, car maintenant que la maturité l'a gagné, Pained Soud comprend d'avantage de choses sur la nature des choses et les raisons des comportements.

Souvent considéré comme sociopathe pour son esprit d'une grande intelligence mais son manque d'attachement évident, Pained Soul n'a jamais pleuré et se demande parfois quelle sensation cela procure. Ne ressentant que difficilement des sentiments joyeux, la colère, l'amertume et l'égoisme sont les principaux maux qu'il peut ressentir. Ce n'est que grâce à une éducation aimante et douce de la part de sa mère adoptive et de sa grand mère qu'il ne balança pas du côté de la haine et de la colère, faisant preuve d'une grande douceur et d'une grande attention pour le monde qui l'entoure. En somme, une personnalité bien difficile à décrire et parfois même contradiction. Et ça, ce n'est pas rien de le dire ! Tantôt à manquer de tact et à s'exprimer en toute franchise -une franchise souvent jugée comme cruelle-, mais capable de prendre des pincettes pour éviter que les affaires ne tournent mal, l'étalon est imprévisible et difficile à comprendre. Lui même a du mal à se comprendre après tout. Parfois, Pained Soul ressent le désir de s'intéresser à des choses ou des personnes afin de déchiffrer leurs secrets, mais s'il y a bien une chose qui ne cesse de l'habiter, c'est sa soif de pouvoir.

Mais l'étalon peut aimer. Qui l'aurait cru, n'est-ce pas ? Bien qu'il ne parvienne à s'attacher que difficilement et n'accorde sa confiance qu'en de rares occasions, Pained Soul peut apprécier les gens. Seulement, ce n'est pas tout. La vérité, c'est que Pained Soul ressent une profonde solitude. Une solitude inexplicable. Comme s'il lui manquait une partie de son âme, il semble au jeune homme qu'il est incomplet et qu'il lui manque une part de lui.

Histoire

« Ce fut durant un jour semblable à celui-ci que l'enfant fut trouvé... Son petit corps aux couleurs charbonneuses faisait tâche au milieu des pins enneigés. Il était si visible qu'un borgne aurait pu le trouver. Le zèbre qui s'était aventuré bien loin de son village ne pouvait le manquer, le destin lui même s'était manifesté pour que son enfant ne meurt pas dévoré par une bête... Comme un appel dans la poudreuse, alors qu'aucun son pourtant ne se dissiper dans la forêt, le zèbre fut attiré par cet endroit caché par des bosquets négligés. Lorsqu'il vit la forme sans vie à terre qui tenait près de lui un petit sac dont l'enfant était tombé, il accourut  comme si sa présence pourrait les sauver ! Mais il était trop tard car le voyageur sans nom avait déjà rendu son dernier souffle... Seul restait le petit aux paupières closes. Son souffle fragile qui soulever sa délicate poitrine redonna espoir au zèbre qui le prit dans ses bras en contemplant son magnifique visage innocent. Il lui sembla que le petit se mettait à gigoter mais ses yeux eux, refusaient de s'ouvrir. Était-il malade ? L'adulte bienveillant se leva en emportant le garçonnet vers son village, promettant au ciel qu'il ne laisserait pas mourir l'orphelin que nul ne vint jamais réclamer...

Lorsqu'il arriva au village, tout les habitants sortirent de leurs maisonnettes pour voir le petit que le zèbre avait ramené. Ils se pressèrent à ses côtés, les yeux plein d'étoiles devant cette petite merveille sans nom. Et les questions fusées ! "D'où vient-il ?", "Comment s'appelle-t-il ?", "Où sont ses parents ?" et les murmures curieux moururent à l'approche du chef des Convallaria Majalis qui s'écartèrent à son passage. Le chef noble et respecté, était aussi doux que les nuages et aussi rayonnant qu'un soleil de printemps... De sa haute voix paternel, il s'exprima haut et fort, clamant devant les siens "Peu importe qui il est, cet enfant a sa place ici ! Nous veillerons sur lui jusqu'à ce que sa famille vienne à nous et jusque là, il sera comme n'importe lequel de nos enfants !". Il emmena dans sa maison le zèbre et l'enfant, demandant au sauveur du petit de l'élever comme son fils... Et pour cet homme qui attendait depuis si longtemps la naissance d'un enfant qui ne viendrait jamais à cause de l'infertilité de sa dulcinée, la petite licorne tombait du ciel, un véritable signe du destin ! Il le ramena chez lui à vive allure, annonçant la nouvelle à sa belle qui sauta de joie en prenant son fils dans ses bras. Son nom ? Il n'en avait pas. Pouvaient-ils seulement donner un nom à leur petit trésor alors qu'une mère folle d'inquiétude le cherchait peut-être à cet instant même ? Le couple d'amoureux décidèrent de ne pas lui en donner. Ils attendraient quelques temps pour voir si on venait le réclamer mais si d'ici un mois nul ne venait, alors il leurs appartiendrait.

Pour l'appeler, ils disaient "mon chéri", "mon cœur", "mon petit ciel sans étoile"... Et même s'il réagissait, il n'ouvrait jamais les yeux. Ses paupières étaient scellées comme par enchantement ! Parfois, quand il essayait de les ouvrir, il rabattait ses oreilles en arrière et tournait la tête vers un être imaginaire, obéissant à sa demande silencieuse de ne pas dévoiler ses deux petites billes. Très vite, les gens du village commencèrent à devenir soucieux... Et si cet enfant était malade ? Et s'il était aveugle ? Sa mère adoptive refusait d'accepter cette vérité, répondant à tout les médisants "vous verrez, un jour il les ouvrira et ce jour-là, il sera celui avec les plus beaux yeux du monde !", mais ce jour n'arrivait jamais. Ce fut au dernier jour du mois qu'une catastrophe se produisit. Autant pour les villageois... Que pour l'enfant lui même. Attaqués de nul part par des timberwolfs, les vaillants ripostèrent tandis que les mères se terraient dans leurs cabanes avec leurs petits affolés. Dans cette agitation sans queue ni tête, seul restait un petit enfant qui jouait seul dans la poussière, aussi sourd qu'aurait pu l'être un serpent ! Quand l'une des bêtes le vit et rugit de colère en bondissant sur lui, un cri à déchirer le cœur du plus insensible des hommes retentit dans la clairière et sa mère couru vers lui avec la force du désespoir...

Mais rien ne se produisit.

Pas de sang qui giclait, aucun petit corps déchiquetait en lambeau et secouait comme une poupée de chiffon ! Ses yeux s'ouvrirent, s'ancrant dans ceux de la bête qui elle même, glapit de terreur en fuyant la queue entre les pattes ! Choqués par cette scène incongrus, personne ne parvint à réagir et peu à peu, les regards glissèrent vers la petite licorne qui les observait. Ses yeux étaient noirs comme le charbon ! Les même yeux qu'un reptile qui se glisserait dans un lit avec des pensées malveillantes, les même yeux que le reptile qui contemple sa proie avant de la dévorer ! Son regard comprenait tout, voyait tout, jusqu'au plus profond de l'âme de quiconque l'observait. Quand le silence se rompit, ce fut celui d'une mère terrorisée qui hurla "Cet enfant est un démon !" et bientôt, un vacarme monstre chamboula la tranquillité du village qui avait été rompu par l'attaque et cette découverte abominable. La pauvre petite mère aimant son protégé se jeta sur lui, défiant quiconque l'appellerait encore monstre... Mais ce fut son mari qui l'en sépara, contemplant son rejeton comme un menteur qui s'était immiscé sous son toit pour tous les duper. Mettant de la distance entre sa femme et le fils que personne ne voulait, il l'emporta avec lui et l'enferma dans une petite cabane, lui ordonnant de ne plus jamais en sortir. Et le petit ne répondit pas, le contemplant avec ses yeux qui savait tout, ses yeux qui lui disait ce qu'il ne voulait pas entendre "tu abandonnes un enfant qui n'a commit aucun pêché.".

Les années passèrent et l'enfant ne fut jamais accepté. Son père était dur avec lui, refusant de lui témoigner une once d'amour tandis que sa mère se glissait en secret dans sa cabane pour lui chanter des chansons douces et jouer avec lui. Cette femme avec qui il n'avait aucun lien de sang, fut la merveille de sa vie. Il ne souriait pas, mais ses yeux la remerciait, il ne riait pas, mais ses prunelles d'encre l'aimait plus que n'importe quelle parole. Sa grand-mère aussi venait le voir, lui contant que son avenir serait semé d'embûches mais qu'un jour, il saurait où est sa place. Son nom ? Oui, il en avait un. Depuis le jour où il avait ouvert ses yeux, il en avait un. Pained Soul. Une âme de souffrance. C'était un nom horrible disait sa mère, mais lui répondait que c'était un nom qui lui siée à merveille. Il avait soif de connaissance et d'apprendre, cet enfant était fait pour s'adapter à la vie des Convallaria Majalis ! Mais les autres ne l'entendaient pas de cette oreille et l'enfant qui aurait pu devenir un chamane aguerri ne devint jamais rien de plus qu'un vulgaire parasite. Du moins, pour presque tout le monde. Car une petite chipie était très curieuse de le connaître, mais ça, ça n'arrivera que plus tard... Enfin, bref !

Au fil du temps, la mère du jeune Pained Soul commença à tomber malade. Elle toussait, tremblotait de froid et rapidement, eu du mal à se déplacer. Pourtant, malgré que tout le monde lui disait de rester dans son lit pour guérir, elle se refusait de rester ici pendant que son petit était chez lui, seul et sans amour. Dès que les gens avaient le dos tourné, elle filait le rejoindre ! Et bien qu'il l'a voyait dépérir,  il savait qu'il était inutile de lui demander d'arrêter de venir car jamais elle ne lui obéirait... Alors il lui disait simplement être fatigué et qu'il voulait qu'elle vienne s'allonger avec lui. Elle s'allongeait à ses côtés, lui racontant sa journée, à quel point il devenait de plus en plus difficile d'échapper à la vigilance de ses veilleurs puis elle s'endormait près de lui avec épuisement et il s'en occupé jusqu'à ce que son père fou de rage vienne la chercher encore une fois. La colère fut si forte qu'un beau jour, il cloua la porte de la maison de son fils et lorsque sa bien aimée s'en aperçu lors d'une de ses fuites, elle frappa de toutes ses forces contre le bois, pleurant en appelant son tout petit, hurlant sur ses camarades qui ne lui voulait que du bien. "Vous ne l'avez jamais aimé !" disait-elle, "Vous n'avez pas le droit de me l'enlever !" et elle cria si fort que sa voix se brisa d'elle même avant que son faible état n'ai raison de sa santé... Elle mourut quelques jours après. En apprenant qu'elle était sur son lit de mort, le jeune garçon tenta de se libérer de sa prison, si bien que la porte explosa dans un puissant flot de magie, terrifiant les spectateurs qui y avaient assistés !

Il galopa jusqu'à l'autre bout du camp, regagna la maison de sa mère mais fut arrêté avant de pouvoir y entrer. Ses yeux... N'étaient plus que deux puits sans fonds. La colère défigurait ses traits et la laideur de son visage enragé fit gémir de crainte les infirmières qui s'enfermèrent dans la maison. Ce jour-là... L'enfant aurait pu tuer bien des gens... Mais son père vint le voir et lui autorisa de voir sa mère une dernière fois afin d’exaucer le dernier souhait de sa belle. Elle partie avec un sourire sur le visage en ayant pu lui dire au revoir puis, quelques jours après, elle fut enterrée. La colère dont avait fait preuve Pained Soul ne faisait que confirmer les craintes de tous, il était dangereux ! Plus encore, lorsque nul larme et nul émotion n'apparut sur son visage alors que le corps de sa mère adoptive se faisait recouvrir de terre, il devint évident aux yeux de tous qu'il ne pouvait ressentir d'émotion, seulement de la colère et une soif de violence ! Après ça, il n'eut plus jamais le droit de poser un pied dehors sans couvrir ses yeux d'un bandeau noir et docilement, il accepta les ordres...

Puis, une petite friponne qui n'en faisait qu'à sa tête eu envie de le connaître, certaine qu'il avait un cœur et qu'il pouvait aimer, comme n'importe qui ! Elle le harcelait à longueur de journée, essayant de passer par la fenêtre, essayant même de creuser un tunnel avec une petite cuillère sous sa maison ! Et il avait beau la rejeter, la mettre à la porte ou l'ignorait, elle revenait encore et toujours ! »


- Une vraie casse pied.

Le vieille femme frappa avec sa canne le crâne de la licorne sombre qui avait fini par s'asseoir, las de demander à ce qu'on sorte de chez lui. Sans que son visage ne témoigne la moindre trace de douleur, il se massa la tête au niveau du coup que lui avait porté la conteuse. Yepa qui l'avait fusillé du regard en l'entendant répliquer de la sorte, hocha la tête avec satisfaction avant de déclarer.

- Et bien moi, je l'aime déjà ! Continue ton histoire Grand-mère, je veux la suite !
- Pourquoi avoir besoin d'une suite puisque tu la connais déjà et que tu es la "friponne" ?

Étirant ses membres engourdies, la vieille bique agita ses oreilles en regardant la zèbre dont les yeux s'étaient remit à briller d'émerveillement. Son rire saccadé par l'âge se tut peu à peu avant qu'elle ne secoue la tête pour confirmer la fin de son histoire.

- Ce sera pour une prochaine fois, ma belle. Je n'ai pas le cœur à interrompre deux tourtereaux qui se disputent sous mes yeux...


L'apprentie chamane qui venait de rougir jusqu'aux oreilles sauta sur ses sabots en agitant la queue avec défi.

- N'importe quoi !
- L'aimer ?


La licorne qui venait de tourner la tête vers sa complice la regarda de haut en bas, la détaillant du regard avec attention malgré ses airs impassibles -comme toujours-. Ses épaules se levèrent dans un petit mouvement tandis que ses yeux revinrent se planter dans ceux de sa grand-mère.

- Qu'est-ce qui devrait être attirant chez elle ?

Et cette demande fut acclamée par un coup bien mérité de la part de la jeune fille qui le poussa sur le flanc pour le faire tituber. Lui tirant la langue jusqu'en bas, elle posa son sabot sur sa joue sous son œil pour tirer celui-ci vers le bas et ainsi offrir l'une de ses plus belles grimaces, aussi enfantine soit-elle.

- Pained Soul n'est qu'un idiot ! L'histoire avait raison, tu es totalement aveugle pour ne pas voir mes magnifiques courbes voluptueuses ! Je suis la plus sexy de toutes les zèbres et la plus intelligente parmi toutes les femmes de cette contrée !

Pained Soul qui venait d'ouvrir la bouche pour protester en toute tranquillité la referma en plissant doucement les yeux. La licorne tourna doucement la tête, plongé dans ses pensées avant de la contempler en haussant doucement un sourcil, répondant enfin après avoir comprit sa plaisanterie.

- C'était une blague, c'est ça ?

Et son amie fit mine de tomber à la renverse, prenant des airs théâtrale en reculant d'un petit bond.

- Que quelqu'un me rende le véritable Soul, je crois que la reine nous a infiltré et a échangé sa place avec un espion !

Soul était un surnom qu'elle aimait lui donner, tout comme la grand mère de la licorne. Ces deux personnes qui étaient les seules à bien vouloir de sa présence sans le dévisager, se refusaient de l'appeler par son nom complet, le trouvant cruel et injustifié -sauf lorsque Yepa plaisantait-. Au loin, la voix d'une des chamanes du clan appela la jeune fille qui salua ses deux camarades avant de déguerpir aussi vite qu'elle était arrivé, bien que ce temps qui ne fut pas si long, il semblait interminable au paria qui écoutait cette histoire pour la dixième fois. Lorsqu'elle eut disparut, la gaieté de la maisonnette retomba et Pained Soul contempla son aîné avec un regard indéchiffrable... Sauf pour la vieille qui roucoula en reconnaissant l'air courroucé de son petit-fils -bien qu'on jurerait qu'il n'avait pas exprimé la moindre chose.

- Cette histoire est mauvaise.
- Yepa l'aime, c'est le plus important.


Chiranjiv regagna une chaise dans un coin de la pièce, fatiguée par l'âge. Son interlocuteur s'approcha d'elle doucement, sans la quitter du regard et près à la rattraper si elle venait à tomber. Comme si la zèbre avait lu dans ses pensées, elle lui lança un regard provocateur saupoudré d'un brin de malice à l'idée de le voir si attentif à chacun de ses faits et gestes.

- Mais cette histoire est fausse.
- Toutes les histoires sont romancées, mon garçon. C'est ce qui fait qu'elles sont appréciées, parce qu'elles font rêver.
Lui répondit la vieille femme en souriant.
- Pourquoi un mensonge fait-il rêver puisqu'on sait que c'est un mensonge ? Cela montre simplement que c'est une histoire fausse.

L'étalon secoua la tête avec incompréhension. Bien des choses lui échappait encore et cette histoire de mensonge venait s'accumuler aux nombreux éléments qu'il aurait du mal à comprendre pendant encore bien des mois.

- Oh, Soul, n'en faisons pas toute une histoire veux-tu. Peu de choses ont été modifiées ou inventées...
- Mais le plus important, oui.
Pained Soul planta ses yeux d'encre dans ceux de son interlocutrice, reprenant d'une voix claire mais dépourvu d'émotion. ils ne m'ont pas laissés entrer.

Le visage de la vieille femme s'assombrit, ses traits se changeant en une peine toujours intact après tant d'années. S'en voulait-elle ? Pained Soul n'aurait pu le dire, en revanche il savait qu'elle ne se remettrait jamais de l'idée de n'avoir pu voir sa belle-fille dire ses adieux à son garçon et mourir alors qu'elle implorait qu'on la laisse le voir une dernière fois.

- Je sais... Je me souviens... J'étais avec toi après tout... Elle soupira, reprenant d'une voix presque inaudible, j'aurais dû être auprès d'elle...

Se rendant compte de sa bêtise, elle se pinça les lèvres en détournant les yeux. Pained Soul comprit sans grand mal qu'elle s'en voulait d'avoir dit ça tout haut, de regretter d'avoir été obligée de le calmer pour que la colère ne l'envahisse pas pendant que sa belle-fille se mourrait dans son lit sans pouvoir dire adieu à deux des êtres les plus chers de son cœur. La licorne ne lui laissa pas le temps de reprendre, il n'avait pas envie de l'entendre s'excuser puis se lamenter pendant des heures. C'était sans intérêt.

- Il n'y a jamais eu de timberwolf non plus et Koïnzell ne m'a jamais considéré comme son fils. Il m'appelle ainsi pour se donner bonne conscience, mais je sais qu'il n'en pense rien. Il ne m'a jamais accepté, pas même depuis le premier jour. On se demande pourquoi il a accepté de me garder...

L'étalon qui voyait sa grand-mère faiblir s'avança d'un pas. Il devait saisir cette chance, il n'avait pas écouté cette vieille folle -qu'il appréciait malgré tout- racontait cette satané histoire pour la laisser s'enfuir sans obtenir la réponse qu'il essayait de lui arracher à chaque fois ! Devant son air faible et fatigué, Pained Soul su qu'il n'avait plus beaucoup de temps. Dès que les lèvres de la zèbre s'ouvrirent, certainement pour annoncer son départ, elle fut prise de court par la nouvelle réponse de son petit-fils.

- Et il n'était pas mort.

La vieille papillonna des yeux avec surprise et incompréhension. Voyant sa mémoire lui jouer des tours, la licorne agacé reprit de plus bel.

- L'homme qui m'a emmené dans cette forêt, il n'était pas mort. Qu'est-ce qu'il a dit Grand-mère ? Qu'est-ce qu'il a dit avant de mourir ?

La zèbre parut troublée, cherchait-elle la réponse, elle aussi ? Elle la connaissait, Pained Soul le savait. Après tout, il avait su que toute sa vie tournait autour de ces quelques mots depuis le jour où elle avait crié sur son père adoptif pour qu'il cesse d'agir de manière si cruelle avec son fils. Lorsqu'elle se souvint des mots, la zèbre le dévisagea puis détourna la tête.

- Ce n'est pas important Soul, tu le sauras quand le moment sera venu.

Sur ces mots, elle se leva et Pained Soul du bondir devant elle pour arrêter son mouvement.

- Grand-mère, tu passes ton temps à dire que je finirais par trouver ma place. Mais comment pourrais-je la trouver si vous continuez de mentir et de cacher la vérité ? Dois-je encore vivre dix ans enfermé ici avant que vous ne daignez m'accorder cette demande ?

Son ton était ferme pourtant, il n'empêcha pas la femme de se lever et l'aida à se porter jusqu'à la porte. Lorsqu'elle lui coula un regard plein de peine, l'étalon su qu'il ne pourrait rien en tirer cette fois encore. Il ferma les yeux et la relâcha avant de tourner les talons.

- Au revoir Grand-mère.

Il lui sembla entendre derrière son salue, un murmure qui s'excusait de ne rien pouvoir lui révéler, mais nul colère n'emplit le cœur de la licorne charbonneuse qui faisait preuve de patience. Il grimpa le long de l'escalier en colimaçon de sa maison et une fois perdu sur son toit, au plus près des grands feuillages, il contempla le ciel et le soleil et attendit qu'une lune qui n'arriverait jamais pointe le bout de son nez.

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