Early Tale - le chien

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Licorne
Jeu 5 Oct - 2:06


Early Tale

16 ans / Rising Sun Protectorate / Licorne

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Physique

Le soleil brille, encore et encore, étendant ses longs rayons translucides dans la ville des regrets. Perçant l'intérieur des maisons, entrecoupant paroles et souvenirs, ils s'insinuent dans le cœur des habitants, raclant de leurs brillantes âmes celles rabougries des quadrupèdes. Comme des serpents, tels  des filets d'ombres ou des gouttes de poison, les milliers de couleurs éclatent dans les rues marchandes, feux d'artifice sur yeux grisâtres. L'eau du grand port grésille de chaleur face à ce traitement, les centaines de bateaux foulant ce liquide créant une artistique toile colorée de drapeaux vivants. L'énorme caserne militaire semble fondre devant toute cette beauté, la pégase menant les troupes d'apprentis déployant ses ailes d'argent ; on aurait pu jurer qu'elle murmure, qu'elle hurle, qu'elle pleure, qu'elle vit, qu'elle meurt.

Le château, lui, semble encore plus beau que tous les jours de sa création ; il rutile comme si on venait de le lustrer, se pavanant avec sa blancheur crémeuse et ses fleurs picotant le tout de magnifiques tons différents. Le résultat est tellement beau que l'on pourrait avoir peur de poser nos faibles iris sur cet ensemble presque divin, l'angoisse nous rongeant qu'elle ne nous emporte dans son immensité cyclopéenne. Qui a pu le faire resplendir comme ceci ? Qui sont les poneys qui s'occupent de nettoyer, de revêtir, d'organiser, de faire vivre cet organe vital de la ville ? La cuisinière qui passe, là, proche d'une fenêtre, transportant une petite corbeille de pain chaud vers une quelconque salle ? Les gardes qui gonflent leur poitrail d'un air suffisant, la crinière étincelante et les yeux farouchement placés devant eux ? Qui, qui, qui ..

- Le chien arrive.

Cette phrase se répercute dans les allées mornes, semblant faire vivre les habitants et les meubles amorphes de beauté. On baisse la tête, on chuchote entre nous, les messes basses s'installent comme des vieux amis qui nous ont quittés trop tôt. Qui est donc ce chien qui attire cette attention, qui semble reculer les murs et faire s'écarter les planchers ?

Soudain, on entend un bruit de pas. Comme la pluie qui s'étale sur les terres si rarement qu'on se le demande si on l'a déjà croisé, elle fait son apparition, bruit divin sur marbre terrestre. Frottement, les gouttes de perles qui glissent sur les fronts, le goût du bonheur, la crème légère et les fleurs s'entrechoquant comme des minuscules étoiles portatives. Comment se fait-il qu'un simple claquement de sabot sur le sol puisse éveiller une si grande émotion, de si grand rêve disparu refaisant surface comme des seapony fendant la mer ? Nous avons envie de le voir.. Montrez-nous le.. Une.. Une odeur arrive dans les narines, après le bruit qui chatouille les oreilles tendues. Une fragrance douce, comme si on avait à peine changé l'odeur du palais, mais qu'on avait créé un couloir spécifique pour le passage de la licorne. Odeur de rose, effluve de jasmin, relent d’œillet, fumet de lilas, bouquet de fleurs.

Prima aime quand il sent bon.

Soudain, on aperçoit la figure au loin. On la distingue faiblement dans le pétillant astre qui répand sa brillance derrière, mais assez pour placer les formes de son corps là où il en a. De taille moyenne, plus en minceur qu'en musculature, la forme se déplace comme un fantôme, donnant l'impression de flotter sans toucher le sol. Comme une illusion fugace qui s'avance dans les brumes de nos pensées acérées, les formes se matérialisent peu à peu, donnant place à un vrai corps. En chair et en os, lui, lui lui, il est là, on le voit, on peut presque palper les contours de son être contusionné.. Ses pattes sont plutôt longues et l'on dirait qu'un peintre a peint les courbes gracieuses de sa personne, faisant apparaître une minceur significative et un air majestueux. Les côtes sur ses flancs courts ressortent comme les hautes montagnes bordant les territoires, les joues du mâle se creusant légèrement tel des fossés qui sont au bas de ces mêmes alpages. Maigre, frugal, maigrelet, fin, effilée, aminci.. Quel serait le mot pour décrire ce fantôme des passés ?

On le nourrit juste assez.

Il est assez proche pour que les commérages partent, pour qu'on puisse placer les tons de couleurs sur son être dirait-on translucide. Le soleil caressant toujours et encore sa morphologie en slalomant entre les barres de blanc marbre, elle encercle tel un halo de lumière sa matière, le rendant comme une alicorne des contes anciens. Le ton crémeux de son pelage dispute avec véhémence la domination du beige et du blanc, se confrontant comme deux armées rentrant en conflit perpétuel. Créant un mélange harmonieux de cette couleur, elle s’étend uniformément dans toutes les parties de ses poils, du plus petit de sa patte jusqu'au milieu de son visage calme. Comme un serpent maléfique serpentant sur ses côtes, accrochant ses pattes et se nouant autour de son cou, on pourrait comparer la beauté de cette couleur au reptile des terres sauvages, un grand clair famélique rampant entre les feuilles mortes de la vie. Lui aussi se glisse comme un des leurs, tournant presque dans une valse morbide pour éviter de foncer dans les gardes qui sont forcés de le nommer " le chien ". Même sa longue crinière attachée en cette chaude journée rappelle ces vicieux amphisbènes, ceignant son cou d'un collier d'ambre rutilant. Ces mêmes crins flamboient dans les bras du jaune astre, faisant reluire les différents tons précieux qui se promènent dans sa chevelure. Des reflets dorés se prélassent dans l'orangé, comme si grenat, topaze et sphalérite avait éclaté ensemble pour créer la couleur spécifique de ce qui fait de ce mâle un presque chef-d'oeuvre.

L'animal de compagnie.

Soudain, les bras du soleil se baissent de leur fils, entrecoupé par un mur de béton refusant que les deux se réunissent. Son être, séparé de sa traînée féerique de poussière aveuglante, révèle son visage aux regards dégoûtés traînant autour de lui, détaché de tout ça. Les chuchotements s'aggravent, on ricane tout bas, caché dans nos vêtements, la rumeur se confirme.. Un facial plutôt avantageux, mince et paré de fines courbes modelant un masque de beauté digne de certains nobles du rising. Des yeux formés en amande, une douce mâchoire, des traits agencés comme les pièces fleurales d'un puzzle.. Effectivement, on pourrait le qualifier de jeune homme plutôt bien nanti, le tout recouvert d'un aimable visage qui ferait rougir plus d'une servante.

Néanmoins, puisque le sort n'est en aucun cas favorable à notre jeune mâle, il faut évidemment des détails gênants qui font que l'on n'ose même pas croiser son masque facial, comme repoussé. Parabellum ; son œil droit n'est pas du tout ambré comme celui de gauche, mais dévasté par une effroyable punition de sa maîtresse, du moins de ce que chuchote les rumeurs circulant dans l'air. Ravagé, un creux siège telle une infamie de la nature sur son visage, faisant esquisser des hauts-le-cœur abominable à ceux qui le fixe de leurs prunelles curieuses. Ce cratère horrible est parcouru de cicatrice blancharde et rosée, comme si on avait arraché son œil d'une terrible force cyclopéenne. Une des balafres s'étend presque jusqu'à la fin de son museau, rendant une des parties de son visage repoussant pour toutes les formes de vie. Puis, il y a la chose qui pointe entre sa chevelure d'ambre doré, cette corne de honte, fissurée, cassée comme une vieille branche, fantôme de la grande et fine épée qu'elle était avant... Les craques se promenant dans celle-ci, tantôt profonde, tantôt mince, théâtre de l'atrocité de l'implosion de sa corne.

Son oeil valide regarde sans grandes émotions les esclaves qui le dévisagent au coin des passages sombre, touchant les visages de ceux-ci d'un éclat d'ambre palpitant. Les souffles se mélangent, le vol des mouches se fait entendre dans la matinée ; il passe enfin à côté d'eux, frôlant de sa chevelure frivole le mur de marbre, glissant sur le sol blanc crème d'un sabot habile. Personne ne lui parlera. Personne ne lui adressera une excuse pour l'avoir bousculé, ni même pour lui demander avec politesse de se décaler de quelques centimètres. Parce qu'il ne faut pas oublier que ce n'est qu'un chien, qu'un pauvre molosse abandonné par ses géniteurs, enfant d'une tyrannique maîtresse des roses. On ne fait que détailler avec une curiosité refoulée les cicatrices qui bordent son jeune corps, les contusions et les coupures recouvertes de pâte guérisseuse, ou de croûte qui infecte. Les balafres blanchâtres étincelantes de puretés, les traces boursouflées de coups mal placés.

Il marche, donc. Il s'en va comme il est venue, sans qu'on ait entendu la moindre trace de sa voix dans l'air réchauffé par ses mêmes rayons qui l'avaient abandonnés. Ce mâle ne parle jamais à ceux qui l'entourent, rare sont les poneys qui ont eu la malchance qu'il leur adresse même un bonjour... Pourtant... Certains racontent que sa voix aurait un ton chaleureux, un ton non pas d'un jeune de quinze ans, mais d'un esclave parsemé de coups sur son corps laissé aux loups. Grave, chaude, sans être immensément pesante, les quelques quadrupèdes ayant entendu cette fragrance l'ont trouvée si belle... Mais chut, chut, taisez-vous, détournez-vous, rappelez-vous de la petite servante qui lui parlait chaque jour, qui écoutait son timbre puissant sous les coups d’œils pleins de jugements des autres... N'oubliez pas ce qui lui est arrivé...

Puis, lui parler reviendrait à poser les yeux sur son masque intrigant, sur son flanc frappé d'une rose au fer chaud.. Il n'a même pas de vraie cutie mark, comment le prendre en considération ? Comment oser le fixer en voyant dans un quelconque angle cette fleur délicate, les poils un peu désordonnés qui repousse autour d'elle comme de mauvaises herbes ? Peut-être aurait-il du naquir seapony. Peut-être n'aurait-il pas du naquir du tout.

On ne le voie plus. Il est parti comme il est venu, crème et ambre, beauté mutilé, raccompagné par les mains de l'astre qui l'ont guidés jusqu'ici. Son pas est doux, son odeur est loin, son œil mutilé et sa corne implosé trône comme deux cadeaux des démons anciens. Quand le reverra-t-on ? Comment sera-t-il ? Couvert de bleu, un oeil en moins ? Ouvrez les paris, camarade, sur la douleur de ce cher enfant d'à peine seize ans.

Parce que ce n'est pas un vrai être, ne l'oubliez jamais.

Ce n'est qu'un putain de chien.
SurnomChien / le Chiot
SexeMâle
Race des parentsLicorne - Pégase
SexualitéÀ découvrir
MétierEsclave au service de Prima Vierde
Lieu de résidencePalais des roses
Cutie MarkUne rose, fausse et marquée au fer chaud sur son flanc.TalentIl n'en a aucun, n'ayant même pas eu la chance de posséder ce que la plupart des licornes ont : une cutie mark. Néanmoins, il est plutôt doué en magie, pouvant comparer cette facilité de la chose en un genre de talent.

Personnalité

Dehors, le ciel était blanc. Boursouflé de paisibles nuages cotonneux cachant le soleil trop gros et trop chaud, le drap divin claquait lentement dans un vent humide, amenant une douce mélodie dans le palais des roses. Celui-ci étant agencé parfaitement à la couleur du château royal, l'on aurait dit que le bout de la plus haute tour perçait l'écharpe des cieux, essayant en vain de faire dévaler quelques gouttes de pluies sur sa façade devenue brûlante par la faute des rayons agressant. La douce mélodie du vent essayait tant bien que mal d'enlever cette chaleur roulant doucement dans l’atmosphère, balayant de ses bras filandreux la résidence qui n'avait point demandé d'accueillir tant de poneys comme ceux-là. Dans ces grouillants quadrupèdes qui s'occupaient avec autant de ferveur que les terrestres labourant leurs champs se trouvait un loupiot qui détonnait, félin parmi gros canidé de chasse. Une quinzaine d'années, pelage blanc-crème aux yeux d'ambre et crinière brillante, visage ravagé par de nombreuses années piégés dans les crocs de ses chiens sauvages.. Il écoutait. Autant vivant que les autres, ayant autant le droit sur la vie que les autres, mais enchaîné par cette même vie qui s'était abattu sur lui, il écoutait. Oreilles relevées, masque de fer, perdu dans l'intensité de cette vision de fleurs psychédéliques, on aurait pu le comparer à une statue trônant ici depuis sa jeune naissance. Pourtant, il était bien vivant, du moins de l'extérieur, sa poitrine s'abaissant et se relevant dans une douce répétition banale. Attentif au moindre appel, à ce bruit qui chevaucherait le vent pour porter les messages de sa maîtresse jusqu'à lui, il attendait, solitaire grain de poussière parmi la végétation abondante. Son œil valide frôlait les corps en mouvement, concentré comme une statue de pierre qui ne bougerait pas d'un seul centimètre. Va-t-il rapporter les conversations à Prima, lui parle-t-il vraiment comme une amie, cet espèce de chien galeux ? Des chuchotements, toujours, des ragots, et.. Lui, là, créé dans le souffle majestueux d'un dragon des glaces, gelé sur place rien qu'à le voir captif de la morsure du froid. Les ragots le traversent comme un souffle de rat, mais ses toiles d'araignées mouchardent les informations, les taille, glisse, serpente, sert, tue..


Posant avec douceur son nez contre la patte de sa maîtresse, apaisant des songes du passé ou du présent, il enveloppe son corps d'une aura naturelle en ne bougeant pas d'un millimètre. Ce lien, ce lien si fort qui les relie, serait-il juste ressentit d'un côté, mais point de l'autre ? Pourquoi est-ce que son air apaisé réussit si bien à faire son travail, alors qu'il n'est même pas capable de relaxer quelqu'un d'autre que cette femelle ? L'histoire, l'histoire te le dira..

Patient, attendant derrière un long amas de servants bruyants, ses oreilles restent bien droites et son corps forgé dans le même glaçon, immobile au gré de la chaleur. Le temps n'est pas un problème ; il restera là, comme le fantôme de son propre corps, jurant que son âme a quitté l'enveloppe charnelle sans lui faire un pauvre au revoir. Les foules se scieront en deux, le sol emmagasinant la chaleur de l'air brûlera, les tempêtes se déclencheront, et, lui, inébranlable, continuera sa marche. Les insultes, son œil, sa corne, ses bleus qui marbrent son corps comme une toile, les balafres qui parcourent ses épaules, son ventre, mais est-il encore vivant ? Que fait-il ? Il marche. Debout contre la pluie, allant là où on le demande, il ne bronche pas, son être fend tout le monde comme un couteau dans le beurre. Si on lui demande de se jeter en bas d'un pont, est-ce qu'il le fera ? Tant de question, tant d'énigme.. Qui ne le frapperont jamais, parce que la violence moral et physique des autres l'a depuis longtemps transpercé de toute part, de sorte qu'il ne ressent qu'un vide vibrant dans ses organes vitales comme un vieux piano brisé. Où est la belle musique ? Où est ce ton magistral ?

Parfois, elle lui racontait des histoires. Des songes bouleversants, des mélodies engorgées de tristesse, des contes dévastateurs. Lui, ayant soif de connaissance, s'était cultivé à travers les années, cherchant dans les bibliothèques lorsqu'elle lui donnait le droit de faire ce geste. Bien qu'il n'ait jamais étudié dans quelconque école pour approfondir ses maigres connaissances, il se plaisait à parcourir les mots dansant sur ses pages froides d'ignorances, par défaut de sabots dédaigneux.

Transportant une série de plats sur son dos, contournant les serviteurs d'un pas lent mais ferme, la nourriture tangue comme une série de dominos sur son corps en mouvement. Bien que son œil l'handicape légèrement, l'on dirait qu'il flotte parmi tous ces esclaves bruyants, fleur gracieuse plongée dans rochers ingrats et taillés maladroitement. Un pas, deux bas, écart à gauche, recule, droit, évite ce serveur, lève la tête, retrouve ton équilibre, tout ça en symbiose.. Puis, une rangée de garde qui ne reculera pas devant toi. Un mur d'eau s'avançant tel un être devant son visage, les murs ne laissant aucune intersection pour se glisser, aucun espace pour sauter. Néanmoins, puisqu'il garde toujours son sang-froid, il pivote à l'instant de la collision et esquisse une série de pas pour les dépasser, félin retombant toujours sur ses pattes. La nourriture arrivera tel que le veut sa maîtresse, une patrouille n'allant certainement pas jouer dans les fils du destin qui seront déjà bien tracés sous son sabot. Oreille qui remue imperceptiblement, il repart comme il était venu.

Il a entendu des rumeurs circulantes dans le château, des chuchotements d'un petit cuisiner pégase cherchant à aider des rebelles dans une quelconque maison. Nourriture, couverture, les paroles s'échangent avec un autre serveur destiné à laver les planchers, fourmis dans la grande fourmilière qu'est le palais. Early Tale, dans un coin, venu chercher un maigre repas constitué de fruit, repartant avec des informations bien plus importantes à livrer ; dévoué et loyal à Prima, il ne laissera certainement pas deux quadrupèdes lui filer entre les sabots.

Le soleil est toujours aussi brillant, le palais est toujours aussi blanc, les murs n'ont toujours pas entendu parler Early Tale. Presque muet, rare sont ceux qui ont pu se vanter d'avoir attrapé un léger fragment de mélodie, peut-être les gardes surveillant la chambre de la reine quand des cris inhumains s'élevaient de l'antre. Pourtant, personne ne l'a jamais défendu, personne n'a jamais ouvert grand la porte pour crier que faire de telles atrocités à un être vivant était inacceptable. Il ne leur en veut pas. Réaliste, il sait qu'il ne pourra pas s'enfuir, que personne ne l'aimera à part Prima, renonçant à de telles idées par une absence d'émotions constantes. Est-ce l'astre qui réchauffe son visage présentement, où seulement un rêve quelconque de quelqu'un qui serait présent pour lui chuchoter des choses gentilles aux oreilles ? Il n'est qu'un esclave. Qu'un chien. Brouillage.

Docile, il se couche aux sabots de la reine dans son lit, corps recroquevillé sur carrelage glacé. Il y restera jusqu'aux petites heures du matin, ne bougeant que lorsqu'elle lui dira de bouger. Le froid transit qui grimpera dans ses os ankylosés ? Il ne bougera pas. Des bruits de bagarres dehors, un coup de tonnerre, des grincements de dents ? Il ne bougera pas. Un tsunami ravageant le palais, lui qui se noie ? Il ne bougera pas. Early.. Un appel lointain, une voix douce ? Il bougera.

Pourquoi ? Pourquoi ce caractère est-il si court, pourquoi on ne retrouve pas plus de vie, de bonne humeur, d'amour dans sa psychologique ? On pourrait dire qu'il est ambigu et consciencieux, on pourrait essayer de chercher dans le plus profond de son cœur quelques parcelles d'amour, de chaleur.. Rien. Ce n'est qu'une coquille vide se promenant dans les allées, se remplissant des paroles de Prima comme seule figure maternelle qu'il n'aura jamais connue. Aucuns parents n'auront été là, aucune mère pour lui apprendre l'égalité des races, aucun père pour lui dire de partager avec générosité tout ce qui se trouve sous ses sabots. Que des personnes qui jouent à un quelconque jeu de pouvoir et lui, pris entre tous ces enragés, clignant de ses yeux ambrés en ne se demandant même pas pourquoi il a été plongé dans ce chaos dévastateur.

C'est le chien de Prima. Ce n'est qu'elle qui le connaît sous toutes ses formes.

Histoire


CHAPITRE UN

Rising Sun Protectare - Maison de Campagne - 24h00

[  La guerre n'est jamais loin. Les conflits ne s'éteignent pas et les ennemis gagnent toujours ; ce qu'il vous faut, à vous, les héros, c'est l'espoir de les vaincre. Peu importe si vous mourrez au combat ou que vos amis périssent sous les coups d'épée, vous devez les arrêter, sempiternelle répétition. Votre corps ensanglanté, se traînant au sol par la simple force de votre esprit, sera achevé. Vos boyaux sortiront en déluge de votre ventre et le sang de votre jugulaire éclaboussera les vêtements de vos adversaires comme une vulgaire chute d'eau, aparté. La paix n'est qu'une illusion pour les plus faibles d'entre vous, se dorlotant de cette douce aberration.  ]

La cloche annonce le coup de minuit. Dehors, un corbeau pousse un cri, lent, tout doucement, qui s'infiltre dans les oreilles des deux parents amorphes dans la maison. Ils savent. Ils savent. Ils savent. Ils n'ont plus l'espoir de se sauver, de le sauver, de les sauver, de sauver l'espoir qui essaye de se battre dans la noirceur comme les fleurs à l'hiver. Leurs fleurs, à eux, sont mortes. Gelées. Enterrées. Assassinées. Plus rien ne poussera dans la traînée d'encre pesante qui fait place à l'organe vital de ces deux corps, plus rien qu'une immense peine attachant ses filaments autour des poumons tachés.

La petite aiguille annonce minuit et un. Dehors, le corbeau ne s'est toujours pas tu : ses croassements s'élèvent, toujours plus puissants. Une pégase aux ailes magnifiques, d'un beige-crème, se penche dans un lit pour chuchoter une douce mélodie à une petite boule de poile. La chanson est lente, triste ; elle comble le vide, mot par mot, meublant la colère de la licorne qui regarde cette scène de désespoir. Les deux adultes n'échangent pas de parole ; le cornu bleu sombre cligne de ses yeux ambrés, puis jette un coup d'oeil dehors. Au loin, ils entendent la mort approcher.

La plus petite flèche annonce minuit et dix. Dehors, le corbeau ne fait plus de bruit. Il a compris ce qui se passe et a préféré se taire, s'envolant dans la clarté de ce ciel qui ne s'éteint jamais. Est-ce que même les volatiles ont peur de cet être qui terrasse le cœur des rebelles ? Parce que, des rebelles, ils en sont des sacrés, ce couple plongé dans la noirceur des rideaux tirés. Et ils savent. Que l'heure arrive pour eux. Alors la mère continue de chanter à son petit, le père de veiller, les deux de prier, silencieusement, en essayant de sourire, de rassurer, de sourire, à cet enfant qui se verra dégoter un billet de loto pour la mort.

L'heure annonce minuit et trente. Dehors, il n'y a plus de corbeau. Il n'y a que des cadavres jonchés dans la maison, un râle d'enfant, des soldats, puis.. Golden Primus, penché dans le petit lit qui abrite Astral Sand, le fixant comme s'il découvrait un simple paquet d'avoine brûlé. Il le fixe, fixe, fixe, puis n'arrête pas, de le fixer.. Et, avec sa voix lente, chaude et grave, se tourne vers un soldat et glapit de sa voix, comme s'il ne se rendait pas compte de la souffrance qu'allait avoir ce petit être ;

- Il a la couleur d'un animal de compagnie. Ce sera un cadeau de fête pour ma fille.

Astral Sand, qui ne comprendra probablement jamais pourquoi lui, reçoit son premier coup qui en suivra plusieurs autres tout au long de ses années d'existence. Et même lorsqu'il sera projeté au sol comme un clébard, l'air de la chanson de sa mère résonnera toujours dans sa tête, comme la chanson de son enfance.

Les sables astraux brillaient
Les grains dansaient dans la noirceur
Des milliers de petits points
Sur le sol et dans le ciel
Trois petits points
Seront nous à jamais

1 - Les pleurs

L'histoire des deux commença dès le plus jeune âge du petit Astral Sand, la mort de ses parents n'étant que représenté par l'air de la vieille chanson de sa mère. Ce ne fut qu'une vie antérieure, qu'un souffle de passé dans ses seize années de vie, que les quelques petites notes de musique qui essayaient tant bien que mal de s'accrocher à son esprit fermé. Qu'est-ce que c'était, déjà, cet air..

Les sables astraux brillaient - Les grains dansaient dans la noirceur - Des milliers de petits points - Sur le sol et dans le ciel - Trois petits points

Un éclat dans l'obscurité. Un sanglot qui éclate du petit nourrisson qui vient de se faire arracher à sa famille, dégringolant dans la minuscule chambre qui l'habite. Un barrage qui craque dès la première goutte qui perce le trou, les autres s'entrechoquent pour sortir, créant une énorme tornade de tristesse, de larmes salées, de regret, d'un petit agneau qui ne comprends rien de ce qui lui arrive. Un cri qui se rajoute, le bruit, féroce, gronde...

Prima Vierde penche doucement sa tête en haut de son minuscule lit, plongeant ses prunelles dans les iris ambrés de son minuscule cadeau. Avec une délicatesse que personne ne comprendra jamais, elle le cueille dans ses bras, esquissant même un petit sourire se voulant réconfortant au jeune mâle perdu. Couchée dans son lit, elle berce d'une douce chanson le nouvellement nommé Early Tale, tarissant peu à peu l'incompréhension qui déchire ses tout petits traits. Le facial laisse place à deux gros yeux qui se ferment, un sourire planant sur son masque arraché de force ; il s'endort dans le lit royal, auprès de la femelle la plus puissante des royaumes, une des plus détestées, n'éprouvant en ce moment qu'une immense envie de dormir pelotonné contre ce nouveau corps.

Peu à peu, les paroles de la chanson de la reine du Rising remplacèrent celles de sa mère, peuplant son esprit de l'histoire du petit poulain qui s'était perdu, rencontrant diverses personnes de caractère différent. Pendant plusieurs longs mois et année où il éclata en pleurs, elle fut toujours là pour lui chanter cette berceuse qui le rassura, lui permettant de sombrer dans un sommeil réconfortant.

Elle était là pour lui, non ?

2 - Éducation et journée

La journée, le petit assistait à des cours donnés par plusieurs domestiques, ceux-ci leurs apprenant la base pour vivre dans la nouvelle vie qui lui avait été donné. Marcher, parler, l'histoire, les contes et légende.. Il développa un vrai talent pour toutes ses petites choses à laquelle il aurait pu se créer un futur glorieux, notamment grâce à une bonne mémoire et à une envie d'apprendre qui pulsait dans ses veines.

Le petit apprit le commerce entre les contrées, les rangs de noblesses, les fêtes et religions, la météo.. Pourtant, toujours sous l’œil attentif de Prima, les esclaves qui lui enseignaient toutes ces choses firent bien attention à l'élever dans l'esprit de la haine des rebelles, comme celle qui s'occupait du jeune le voulait. Certaines parties de l'histoire furent donc enlevées, des secrets gardés, des choses ajoutées... Ça n'empêcha pas à Early Tale de sourire à chaque fois qu'il récitait une leçon à sa maîtresse, remuant ses petites oreilles du haut de ses cinq ans.

Néanmoins, bien qu'il apprenait vite et ne faisait pas souvent de bêtise, il comprit dès ses trois ans que Prima n'était pas quelqu'un d'ordinaire, ni quelqu'un à négliger. Un jour où il vagabondait dans le couloir, il babilla en poussant la porte de sa maîtresse, tombant sur elle en pleine conversation avec un mâle quelconque ; la colère sur son visage suite à cette interruption commença à le former au caractère de la reine. Bien qu'elle le supportait la nuit lorsque ses larmes secouaient son petit corps frêle, bien qu'elle esquissait un mince sourire quand il récitait l'histoire de la conquête par cœur, elle n'hésitait pas à lui crier dessus à chaque bêtise qu'il faisait, ne levant pourtant jamais la patte sur lui.

Il apprit donc au fil de ses cris qu'est-ce qui était interdit pour lui, évitant certaines choses et commençant, sans le vouloir, à se formater au poste qu'il occuperait dès ses six ans. On peut donc dire que ses jours les plus heureux furent de son arrivée jusqu'à sa dernière journée de cinq ans, le petit se faisant appeler " le chiot " par la cour ayant une liberté plutôt avantageuse pour un animal de compagnie.

3 - Primus et les parents

Si sa maîtresse ne levait jamais le sabot sur lui, ce n'était pas le cas de son père. Golden, celui même qui avait assassiné ses rebelles de parents et l'avait amené à la reine pour cadeau de fête, n'hésitait pas à l’asséner de coup pour un rien, jouissant de la douleur que prenait son petit visage beige. Les bleus de ses sabots marbraient souvent le chiot lorsqu'il rentrait d'une longue journée, étalant la rage du père comme une petite constellation sur son pelage court. Bien sûr, Early ne s'opposait jamais et ravalait ses larmes, n'ayant envie que de se réfugier dans les bras de Prima après les longues séances où son bourreau l'acculait au fond. Pourquoi l'haïssait-il autant, le père de celle qu'il prenait pour sa mère ? Pourquoi était-il obligé de subir la marque de ses coups ?

Cette attitude eut au moins un effet positif, celui où Tale apprit à se déplacer en silence pour éviter la colère sournoise du plus grand des meneurs. Le deuxième ? À supporter un peu de douleur qui provenait de là, l'endurcissant à celles qui allaient venir dans sa future vie. Puis, ce ne fut que pendant quatre pauvres années, la mort du meneur ne créant maintenant plus qu'un vague souvenir de ces évènements..

Un jour où il boitait doucement de cette haine, glissant voir Prima, il murmura doucement avant de s'endormir sous sa balade habituelle ;

- Où sont mes parents ?

D'un chuchotement léger, comme une plume, elle lui répondit en le regardant de ses prunelles bienveillantes..

- Tes parents n'ont aucune importance. Il ne doit avoir que moi dans ta vie et dans ta tête.. Tu comprends ? Que moi.

- D'accord, maman.


Sans se rendre compte de ce qu'il venait de lâcher, il sombra dans un sommeil profond, se laissant tomber dans les bras de Morphée comme un cadeau. La femelle, restant de marbre devant cette appellation, comme si les sentiments avaient quitté son âme, finit par s'endormir.. Aussi.

CHAPITRE DEUX

1 - Innocence

Early Tale marchait lentement dans les couloirs parant la chambre de sa maîtresse, clignant doucement de ses prunelles ambrées en attendant qu'elle lui dise de rentrer. Il y avait quelques minutes, un appel avait été lancé le concernant, lui faisant remonter les longues marches du palais pour qu'il puisse arriver le plus vite possible ; néanmoins, cela faisait plus d'une heure qu'il attendait qu'elle le rappelle, le jeune de neuf ans commençant à trouver le temps légèrement long. Quand est-ce qu'il pourrait bien venir ? Qu'est-ce qu'elle était en train de faire ? Soupirant longuement, il finit par s’asseoir au ras de l'entrée, jouant avec le bout de son sabot sur une petite mousse qui voletait. Faisant doucement briller sa corne, il l'approcha près de lui, observant les petits contours soyeux de la balle d'une légèreté de plume. Jol-..

- Pardon ?!

Sursautant vivement, le petit se mit sur ses sabots, un cri lointain dans la chambre de sa supérieure attirant son attention. Une envie de frapper contre la porte lui prit tout de suite aux tripes, mais il se rappela de Prima qui lui répétait sans cesse de ne pas le déranger dans ces rencontres, en aucun cas. Il bougea donc avec nervosité, accumulant les tournants en ronds, tel un fauve en cage ne sachant pas quelle décision prendre.

Et si.. Et si il essayait..

Juste un petit coup d'oeil..

Il se dotait d'une chambre à côté de celle de sa maîtresse, minuscule, mais avec un atout dont il n'avait jamais osé se servir : un petit pan du mur qui s'effritait. S'il.. Piochait juste un peu là-dedans.. Qu'est-ce qu'il se passerait... Se sermonnant aussitôt, il secoua fermement sa tête en plissant ses yeux. Ce lui était formellement interdit. S'il osait faire ce geste.. Mais, en même temps, si elle était en danger.. Il finit après tout par craquer, se déplaçant en vitesse dans la petite pièce qui lui servait de dortoir. Se penchant avec douceur, il pointa sa corne sur un pan de mur, puis, avec délicatesse, déplaça un petit morceau, tout petit, pour placer son œil. Il n’entraperçut que deux formes se déplacer, une ou deux paroles, restant figé au moins trente minutes à les regarder se déplacer. Rien de spécial..

Un jour plus tard

Early Tale posa doucement les fruits qu'il avait rapportés dans l'assiette de sa maîtresse, les étalant avec talent à l'aide de sa corne, tel un éventail compliqué de beauté. Appuyé sur sa tâche, ses sourcils froncés, concentré sur ce qu'il faisait, il n'entendit point les pas de celle qui l'avait appelé il y avait quelques minutes, ses iris ambrés plongés sur son travail. Ce ne fut qu'avec sa voix qu'il dérapa en ratant une battement de cœur, toujours nerveux de la tromperie qu'il avait effectué derrière son dos.

- Early Tale ? Pourrais-tu aller te placer derrière ce trou et regarder dedans, je t'en prie ? Je voudrais que tu me dises ce qu'il s'y trouve.

Étonné, le petit de neuf ans hocha avec lenteur sa petite tête, se déplaçant avec douceur vers le point que lui montrait la reine. Pourquoi lui demandait-elle ça ? L'avait-elle aperçu hier, lorsqu'il tentait d'espionner la conversation d'elle et de l'autre licorne ? Secouant sa tête pour se débarrasser de cette pensée, il se pencha délicatement pour poser son œil gauche sur le petit trou, nerveux. De longes secondes passèrent sans que rien ne se produise, le chiot n'arrivant pas à voir ce qui se trouvait de l'autre côté. Béat, il tenta de se retirer, mais rencontra un genre de sarcophage qui le bloquait de tout mouvement. Balbutiant comme un innocent, il esquissa de sa petite voix ;

- P.. Prima ?

Une douleur horrible lui transperça l’œil, déchirant son innocence du même moment, enlevant la moindre parcelle de ce qu'il lui restait de ce point. Un hurlement boulversant transperça le silence, écrabouillant la silhouette du petit au sol dans la même seconde. La douleur imprégna son œil comme de longs filaments brûlants, s'enroulant autour de sa tête pour sucer le moindre coin qui ne serait pas imprégner de cette lancinante et horrible douleur. Son crâne tombant en fracas sur le sol, un filet de sang dégoulina sur le plancher de marbre, suivi de plusieurs d'autres, terminant en un énorme lac poisseux qui imprégna même le pelage de son corps. Les dernières choses qu'il comprit avant de s'évanouir furent celles-ci, alors qu'il échappait un long râle d’affres ;

Il ne reverrait plus jamais le soleil du même regard. Les fleurs, les gens, le bonheur, tout ; son œil gauche avait été transpercé comme un vulgaire morceau de beurre, transperçant son innocence du même coup.

Il avait compris.

2 - Amour

Un jour, Early Tale rencontra l'amour.

Cela faisait un an pile que Prima Vierde l'avait surpris à espionner par le petit trou, demandant à un bourreau de se cacher derrière le trou pour lui rentrer une lame dans son oeil. Cela faisait quelques années qu'il était arrivé ici, jeté au pied, battu par son père et appelé le chien par toute la cour. Early Tale n'était plus le petit d'autrefois, raffolant de livre et ayant une soif d'apprentissage à n'en plus finir.

Il était froid. Distant. Ne parlait presque plus. Il ne faisait que servir sa maîtresse avec une espèce de détachement constant, son iris droit perpétuellement perdu dans les nuages. Personne ne savait vraiment ce qui se passait dans son esprit, le voyant passer comme un fantôme dans les couloirs de marbre. Lui, il se rappelait.

tu ne devras jamais plus m'espionner, tu as compris, mon ange ? oh.. ton bel œil.. ton magnifique œil.. ambré.. je suis désolé, mais tu n'espionneras plus, d'accord... ? pourrais-tu laver ce plancher de ton sang après ton rétablissement ?

Et il s'était rétabli. Avait nettoyé son propre sang. Ne portait rien pour cacher l'horrible cicatrice.

Et il était tombé amoureux.

De haut.

(fonçant avec brutalité dans la petite esclave d'un noir d'ébène, il sursauta en croisant son regard vert forêt. balbutiant vivement des excuses en essayant de cacher la cicatrice qui creusait son oeil gauche, il ramassa les fruits qu'il portait auparavant, baissant sa petite tête fragile. la femelle, elle, resta là, penchant avec délicatesse sa tête pour le fixer.

- comment tu t'appelles ?

silence.

- le chien. tu ne me connais pas ?

silence.

- ton vrai nom, je parle.)


Elle se nommait Astral Blue et était absolument magnifique. Il la connaissait depuis plus de cinq mois, au moins sept, et s'était peu à peu surpris à repenser comme un garçon de son âge. Il avait envie de recommencer à aimer à vivre et souriait de plus en plus en revenant auprès de sa maîtresse, lui souriant lorsqu'elle lui adressait la parole.

(les deux s'écroulèrent de rire derrière des géants sacs de riz, pouffant en observant le tour qu'ils avaient joué au cuisiner. un regard sournois passa entre les deux iris pendant qu'ils se souriaient, comme deux vieux amis qui se connaissaient depuis longtemps. ils repartirent cavaler plus loin, se poussant pour essayer d'arriver le premier dans le jardin.)

Early progressa lentement au travers du chemin, laissant un semblant de risette gruger son air sérieux. Il allait la revoir aujourd'hui et mourrait d'envie de lui dire qu'il aimerait que les deux soient plus qu'amis. Il allait lui dire.

(- tu sais, astral.. j'ai peur que prima ou qui que ce soit nous voit ensemble. elle aime mieux que je sois tout seul, tu sais..

- je n'ai pas peur d'elle ! qu'elle essaie de nous séparer, elle va voir. je suis plus forte que cent dirigeants réunis !

early sourit doucement en la voyant faire, roulant de ses yeux ambrés. être près d'elle libérait tout le poids de son existence. et c'était parfait.)


Dégringolant les marches, il surprit quelques regards pesants des domestiques, accentués de certains chuchotements entre eux pendant qu'ils jetaient des regards désobligeants sur son corps. Légèrement curieux, il accéléra, un mauvais souvenir remontant à la surface de ses souvenirs brouillés par le stress.

(- t'es jolie, blue, comme ça.
- et toi, tu l'es toujours.)


Early Tale arrêta de bouger.
Elle était là
Mais pas tout à fait
Elle était là, devant lui,
Un sourire accroché sur son visage
Un sourire de sang
Elle était là, devant lui,
Le regardant de ses yeux verts
Des prunelles sans vie
Early Tale arrêta de bouger
Elle était morte.
Pendue.
Tué.

et un seul chuchotement, mélancolique, soufflé à son oreille comme un poison tueur ;
" je te l'avais prévenu. "

3 - Et puis ?

Et puis quoi ? Et puis, c'fut le la fin du début.
Du début d'l'innocence.

CHAPITRE TROIS

1 - La corne

Après cet incident, le chien se résigna à sa vie future sans rechigner, sans administrer la moindre émotion dans son facial forgé. Il allait obéir à Prima. Prima était tout ce qu'il lui restait. Prima était sa mère. Prima était sa raison. Prima était son seul désir. Il redoubla d'ardeur en ses fonctions, ne parlant plus à aucune domestique. Tout ce qui lui était cher était de bien servir à la reine, sans affrontement et en ne désobéissant plus jamais à elle. Plus jamais.

Bizarre, pour les regards extérieurs, n'est-ce pas ? Elle avait demandé à faire assassiner celle qu'il aimait. Elle lui avait crevé l’œil à l'âge de neuf ans, le faisait faire frapper et lui criait dessus, le faisant se faire appeler " Le chien " par la cour. Refusait qu'il sorte du palais, ou très rarement, le surveillait dans tout ce qu'il faisait. Mais.. Il y avait une sorte de revers de la médaille, un lien qu'entretenaient les deux âmes, un cordon qui les reliait comme la mère à son petit. Les chansons qu'elle lui avait fredonnés, les excuses qu'elle lui glissait en pleurant, pelotonné contre lui, en priant qu'il la pardonne, les longues discussions.. C'était Early Tale et elle était Prima Vierde.

Néanmoins, bien qu'il soit totalement à fond dans son service, il lui restait une dernière passion. La magie. La magie, la magie, la magie.. Qu'est-ce qu'il aimait en faire, et qu'est-ce qu'il était talentueux ! Il avait développé maints sortes de sorts en farfouillant dans des livres, développant en peu de temps un talent splendide dans celle noire. On aurait dit qu'il était fait pour la manier, travaillant pendant des heures auprès d'un mage qu'il avait rencontré lors d'une des descentes dans les dortoirs des domestiques. Voyant son fort potentiel, il lui proposa quelques cours que l'autre accepta après peu de temps, sa peur de voir son maître se faire anéantir se faisant vite remplacer par celle d'apprendre encore plus.

Et bien sûr, ce fut une erreur.

Il le paya cher à ses treize ans, revenant d'une séance d'un pas léger. Se glissant dans les couloirs comme à son habitude, il monta en vitesse près de sa maîtresse, entrant après autorisation.

Et il apprit de son erreur.

Une forte douleur le prit au front, courbant son corps comme une petite branche que l'on pliait sans effort. Un hurlement sorti de sa gorge alors qu'il essayait de relever la tête pour voir ce qu'il se passait, totalement paniqué par la douleur qui irradiait de sa corne.

- Tu ne t'enfuiras pas, d'accord ? TU NE ME QUITTERAS JAMAIS, EARLY TALE, JAMAIS. TU N'IRAS PAS PLUS LOIN AVEC TA MAGIE.. TU RESTERAS À MES CÔTÉS, D'ACCORD ? TU ME L'AVAIS PROMIS. PROMIS !

Il s'évanouit, l'implosion de sa corne relâchant ses muscles pour le faire s'écrouler au sol comme un pantin sans maître. On ne revit plus jamais cet ancien mage travaillant dans les cuisines, ni le sourire qui fleurissait sur les lèvres du jeune quand il allait le rencontrer. On ne revit que son visage, balafré, quelques jours plus tard, portant la honte de ce qu'il avait fait comme une médaille perpétuelle.

2 - La rose

- Ça ne va pas faire mal, d'accord ? On l'a dit plusieurs fois.. Et elle ne viendra jamais. Tu es encore d'accord ?

Le chien branla doucement sa tête, s'étalant sur son flanc pour mettre à nu sa cuisse vierge. Âgé de 13 ans, il attendit avec une lassitude évidente la brûlure qui le ferait grincer des dents, se préparant à la douleur qui allait irradier dans tout son corps. Une licorne noire s'approcha donc doucement et, sans douceur cette fois-ci, appuya le fer chaud sur l'endroit mis à nu.

Early Tale poussa un long souffle, suivi d'un léger cri qui ne dura que quelques secondes.
Early Tale était marqué.
Early Tale avait maintenant une cutie mark, une rose marqué au fer chaud.

Et maintenant ?

Il posa avec lenteur le bout de son museau contre le corps de Prima Vierde, la réconfortant dans une présence silencieuse à ses côtés. 15 ans avait passé depuis qu'il était arrivé dans cet endroit, des années qu'il avait appris à laisser de côté le passé pour se concentrer sur le futur. Il était véritablement dévoué à elle. Jamais personne ne les séparerait. Il était prêt à mourir pour eux.

Leur lien était unique.

A propos du joueur

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Que pensez vous du forum : il m'émoustille de jours en jours, ce n'est même pas une question :u .. je suis un h, un y, un p, un p, un e !
Comment l'avez vous trouvé : PAINED SOUL, NIGHT FANG, AKA LA GAYTITUDE, LE ROI, LE MAGE, L'AUBERGE, L'ANTILOPE
Avez vous les droits sur l'image du personnage : ma douce samsara est en train de me faire early, je la remercie d'ailleurs de tout mon coeur cette charmante demoiselle :v
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Jeu 5 Oct - 7:44

Re-bienvenue Bright Light ! :3

J'aime les esclaves **

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Jeu 5 Oct - 17:53

Awwn , notre premier esclave sexuelle °.° Comme ça fait plaisir~ Finis les plaisirs solitaires pour Prima à ce que je vois Re-Bienvenue Brighty !

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Absence le Lundi , Mardi , Jeudi et Vendredi : Période Scolaire
Le Systèmes le plus complexe du monde , dis Mzuri:
 


Mzuri gagne sa vie en Jaune Impérial
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Ven 6 Oct - 19:31

Pained m'avait dit que tu comptais faire un esclave (je suis sûr que j'étais le premier au courant /pan)
Hâte d'en voir plus en tout cas~

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Noctis et sa coiffure fabulous
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Lun 9 Oct - 20:19

Re bienvenue Yoshi ! Hâte de Rp avec toi quand j'aurais mon DC 8D

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DC : Bright Light
Licorne
Lun 9 Oct - 21:30

merci à tous, gros love et vive les esclaves :u ! (mzuri, coquine, elle ne pense qu'à la baise *fuit*)
me reste que le cara' et l'histoire, tu peux être fière de moi pained ;3;
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Lun 9 Oct - 22:02

Huhuhu *se frotte les sabots*
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Age : 16
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DC : Bright Light
Licorne
Lun 9 Oct - 23:54

*se frotte les mains*
*smell le lien*
hohoho
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Votre personnage
Rang & Métier: White Walker - Chasseur
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Lieu de Résidence: Vagabond
Mer 18 Oct - 22:29

petit dp des familles, mais j'aimerais que vous m'accordiez un léger supplément de temps pour cette présentation. il me reste malheureusement mon histoire, mais je suis dans le rush de fin d'étape des examens et l'étude de ceux-ci me gruge pas mal de temps..

désolé encore, j’essayerai de le finir au plus vite !

___________________________




ne cliquez pas:
 
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Invité
Mer 18 Oct - 22:54

Pas de problème Bright, on en prend note ! Bonne chance pour la fin des exams, cartonne partout ! o/
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Pégase

Votre personnage
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Lieu de Résidence: Crystal Empire
Dim 5 Nov - 18:20

Bonjour/bonsoir Early/Bright !
Est-ce que ta fiche avance ? Tu as pu progresser dessus malgré tes examens ?
Tu as jusqu'au 20 novembre pour la compléter, sans quoi tu auras droit à 20 coups de fouet ta fiche et ton compte seront supprimés.
Bon courage !

___________________________



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Lieu de Résidence: Vagabond
Mar 7 Nov - 0:07

*fuit les coups de fouets*
ce sera fait, je viens de terminer ma session d'examen donc je vais pouvoir gérer c:

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ne cliquez pas:
 
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Licorne
Ven 17 Nov - 22:32

(ceci n'est surtout pas un DP)
OHHHHH C'EST BON, J'AI ENFIN FINI ! j'ai un peu galéré, mais c'est bon, tout est finish c;
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Lieu de Résidence: Everfree Forest
Dim 19 Nov - 2:10

Pouet Early ! Je m'occupe de ta fiche et je n'ai qu'une seule remarque à faire dans ton histoire ! Il se trouve que Golden Primus est mort quand Early Tale avait quatre ans, donc il faudrait le prendre en compte c:
Vu que c'est un changement minime, je t'envoie déjà la question de validation !

Qui est la mère de Prima Vierde ?

___________________________




Pained Soul:
 
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Age : 16
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Licorne
Dim 19 Nov - 6:40

voilouuu, j'ai précisé le fait et répondu à la question c: *flipp*
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Rang & Métier: Civil | Sans Métier
Réputation:
Lieu de Résidence: Everfree Forest
Dim 19 Nov - 17:25

TU ES VALIDÉ !

Réponse correcte, je valide le code et ta présentation !

Moooh le petit esclave de la Prima, le tout petit mignon n'enfant °3°
Il a un physique très mignon -va savoir pourquoi, j'étais persuadé qu'il allait être violet XD- et très détaillé. Les descriptions sont toujours aussi superbes, que ce soit dans le décor ou autour du personnage, elles sont fluides avec un très jolie style de plume.

L'histoire dévoile tous les points importants, elle se lit encore plus facilement que le reste. Tu ne t'étend pas trop sur du blabla inutile dedans, tout a son importance et permet de comprendre comment Early a pu évoluer ainsi. La relation avec Prima est d'ailleurs bien retranscrit, elle est à la fois touchante et glauque même si à mes yeux elle est plus mignonne que lugubre *fuit*

Je valide ~

À présent...

Tu commences avec 100 bits, ta fiche ayant eu un certain soin !

Maintenant que tu es validé, il te faut remplir ton répertoire Rp juste Ici.
Si tu n'as pas d'idées avec qui rp, je te recommande de poster une demande de rp Ici.
Si tu veux pouvoir rester connecter avec les autres membres à travers des courriers ayant un impact sur le rp, je t'invite à jeter un œil aux Taletellers juste .
Et enfin, si tu désire rester au courant de l'actualité de l'univers ou tout simplement faire un tour dans le magasin, voici les rumeurs ici, le panneau d'affichage ici et le bazar Equestria juste !

Sur ce, bon jeu à toi !  BLBLBLBLBLBLBL


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